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Musique classique et opéra par Classissima

Mstislav Rostropovitch

mardi 30 août 2016


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1 juillet

Le centenaire Dutilleux – Un livre-événement – Un Grand Prix de Rome – La référence – La mort de Charles Chaynes

Les blogs Qobuz Henri Dutilleux, dans son île Saint Louis, en 1980 © Claude Samuel Je ne suis pas persuadé que les manifestations organisées pour le centenaire d’Henri Dutilleux, décédé le 22 mai 2013, s’inscriront dans nos mémoires. La plaque apposée au 12 de la rue Saint-Louis en L’Isle après une absurde polémique et des soupçons totalement injustifiés. La pianiste Geneviève Joy (1919-2009) enfin saluée ! Mais, avant même de dresser le bilan définitif de cette année commémorative, je suis sûr que L’ÉVÉNEMENT est la publication d’un livre exceptionnel, un livre de 1.768 pages édité chez Actes Sud au début de l’année, rédigé par mon confrère Pierre Gervasoni. Ce livre était annoncé (par un autre éditeur…) depuis des lustres, mais je comprends pourquoi nous l’avons tant attendu : il raconte la vie de l’auteur des Métaboles par le plus menu détail avec d’innombrables citations recueillies aux meilleures sources, fondé sur une époustouflante documentation. En entreprenant la lecture de cet ouvrage dont je n’ai encore avalé (mais dans le plaisir) qu’un petit quart, j’ai pensé à la colossale biographie de Gustav Mahler par Henry-Louis de la Grange, et à la réflexion qu’il me fit un jour : « Je crois que je connais mieux la vie de Mahler que lui-même ne la connaissait. » Le lâcher de pigeons Parmi les morceaux de choix, je vous recommande la description de l’extraordinaire fête que la Ville de Douai a offerte à son jeune concitoyen pour sa victoire au Grand Prix de Rome à la veille de la guerre : une grandiose manifestation avec le lâcher de pigeons, les discours, l’aubade « donnée par la classe de violon du Conservatoire sous la direction de Léonie Lapié, professeur et soliste réputée », et un déjeuner, à 13h.30 précises, ouvert par une « truite d’Ecosse glacée à la parisienne » mitonnée par le chef du restaurant Gillet-Descamps. Et tout à l’avenant… Un témoignage ravageur Je comprends pourquoi les éditions Actes Sud ont renoncé à établir un index complet des noms cités. Quant à la situation des lauréats du Prix de Rome au moment où la France connaissait l’une des pires défaites de son histoire, c’est un beau témoignage ravageur sur cette malheureuse période. Mais à travers le temps et quelles que soient les vicissitudes, chaque épisode de cette longue vie permet de cerner une personnalité faite, comme l’indique Pierre Gervasoni, « d’humilité et de détermination »… Dutilleux ne fut pas épargné par la jalousie de quelques confrères, par la pression d’une gloire internationale qui le mit parfois dans un grand embarras, par ses scrupules de créateur qui expliquent la relative brièveté de sa production et par l’inconfort d’une génération coincée entre la jeunesse turbulente des années vingt et l’austérité des musiciens sériels dont Dutilleux a toujours suivi les travaux avec la plus grande attention…. L’histoire d’une vie Lorsque j’ai organisé des manifestations en son honneur, Henri, toujours modeste, m’a régulièrement prié de réduire sa propre présence et d’ajouter au programme quelques pages de ses jeunes confrères… Pierre Gervasoni a donc été bien avisé de ne pas s’appesantir sur les mérites des différentes partitions de son héros, considérant sans doute que l’analyse du vocabulaire Dutilleux est un autre sujet. Ce gros livre est l’histoire d’une vie, d’une époque, d’une société, pas l’histoire d’une œuvre. Relevé cet aveu, à la page 226 : « J’ai travaillé dur tous ces derniers jours : les thèmes de ma Sarabande me harcelaient la nuit et je finissais par l’avoir en horreur » L’Intranquillité, comme dit Pessoa. Et, signalée, une petite erreur qu’une réédition corrigera : ce n’est pas l’Orchestre de Strasbourg qui assura la finale du Concours Rostropovitch pour sa première édition en 1977 (avec Henri Dutilleux dans le jury), mais l’Orchestre Philharmonique de Lorraine ; mais c’est bien Jacques Mercier qui était au pupitre de chef…. Dès maintenant, pour tout jugement, tout commentaire, toute considération sur le parcours d’un des représentants majeurs de la musique française contemporaine, le Gervasoni est la référence. La mort de Charles Chaynes Il était né, comme Pierre Boulez, en 1925. Il vient de mourir quelques mois après l’auteur du Marteau sans Maître, mais leurs routes ne se sont guère croisées, sinon, peut-être, de loin au Conservatoire de la rue de Madrid où Boulez fit un passage rapide dans la classe d’Olivier Messiaen tandis qu’il était l’élève de Darius Milhaud. Boulez fit la carrière que l’on sait ; Charles Chaynes, Grand Prix de Rome en 1951, officia longtemps à Radio France, écrivit des opéras – dont l’un, Erzsebet, fut créé au Palais Garnier – et, octogénaire, fut élu à l’Académie des Beaux-Arts, succédant au fauteuil de Marius Constant. Quand j’ai connu Charles Chaynes, il formait justement avec Marius Constant, sous l’autorité du poète Jean Tardieu, le duo directorial d’un France Musique encore confidentiel. Puis, en solo, il continua à conduire les destinées de la chaîne, affrontant continuellement ceux qui lui serinaient : « France Musique, ça parle trop !… » Et il avait fort à faire avec certains producteurs qui adoraient faire étalage de leur science. En haut lieu, on s’en émut et Pierre de Boisdeffre, fugitivement directeur général de l’ORTF, le convoqua : « Monsieur Chaynes, j’ai écouté France Musique avant-hier entre 9 et 10 heures du matin, on parlait tout le temps !… » Charles vérifia : on diffusait Pierre et le loup ! L’histoire fit beaucoup rire dans la maison ronde. Charles Chaynes, reconnu par ses pairs (DR) L’habit vert Les producteurs savaient que Charles Chaynes les protégeait. C’est sous son autorité que, producteur d’émissions à France Culture, j’obtins des « tranches horaires » régulières à France Musique, dont « Musique de notre temps », la première émission consacrée à l’avant-garde de l’époque ; et je lui suis d’autant plus reconnaissant qu’en ce temps où fleurissaient les intégrismes, je militais ouvertement dans le clan Boulez. Mais il était d’une parfaite honnêteté et faisait la part des choses entre son œuvre de compositeur, dont il ne me parlait jamais, et ses fonctions à la radio. La dernière fois que je l’ai croisé, c’est à une réception de l’Institut ; il portait, sans ostentation je dois dire, son bel habit vert… Ce jour-là Dès le vendredi 8 juillet, en lieu et place du blog d’actualité hebdomadaire, je vous proposerai pendant neuf semaines, comme l’an dernier, la reprise de mes chroniques publiées dans Diapason « Ce jour-là » – la Passion selon Saint Matthieu, pour ouvrir le bal ! Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason de juillet-août 2016 : « Ce jour-là, 15 janvier 1941 : Création du Quatuor pour la fin du Temps »

Les bons plans de la musique classique

15 juillet

Great Moments at Carnegie Hall à -40%

Le coffret Great Moments at Carnegie Hall (Sony, 43 CD) réunit dans une présentation luxueuse format vinyle avec un livret richement illustré de nombreux enregistrements de concert qui ont fait le mythe de la grande salle new-yorkaise. Depuis Arturo Toscanini, Vladimir Horowitz, Rudolf Serkin, Sviatoslav Richter, Yehudi Menuhin et Sviatoslav Rostropovitch jusqu'à Arcadi Volodos, Yo-Yo Ma et




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23 mai

Les Voix du Prieuré, jusqu’au 5 juin 2016

BOURGET DU LAC, 74. Festival des Voix du Prieuré, 20 mai-5 juin 2016… « Donner de multiples rendez-vous à l’art vocal dans ce qu’il peut offrir de plus raffiné, de plus fort ». Le Festival qui se déroule dans des lieux patrimoniaux classés monuments historiques (Eglise, Prieuré, Cloître de Saint-Laurent) se veut, selon les mots de son directeur-fondateur, Bernard Tétu, « lieu de création et dialogues ». Autour d’un compositeur invité et de son œuvre Stabat Mater, Piotr Moss, du groupe hétérodoxe Les Slix’s, de la violoncelliste Ophélie Gaillard, une vaillante et enrichissante édition au cœur du printemps. Comment le préférez-vous ? Le Prieuré, vous le préférez en chiffres ? Alors : 2 concerts partagés, 3 ateliers par artistes professionnels, 4 concerts pour le jeune public, 6 concerts-phares de grands ensembles non moins professionnels, 350 enfants et jeunes du bassin chambéryen et aixois, 900 pièces gourmandes sucrées ou salées préparées pour Apéro Vocal, et 5000 spectateurs qui fréquentent le festival chaque année. Ou en phrases qui ne reposent pas seulement sur le plancher d’une langue de bois par ailleurs sympathico-culturelle, mais correspondent au questionnement toujours en éveil du directeur-fondateur, Bernard Tétu, ;l’un des chefs les plus cultivés de la galaxie française, et des plus ouverts – dans le domaine d’origine, ici vocal –à des courants fort divers, même si la prédilection, attestée par tant d’enregistrements magistraux (35 disques) demeure la musique française des XIXe et XXe, et la musique romantique allemande. Bernard Tétu est aussi un enseignant émérite,aussi exigeant que chaleureux – il a créé au CNSMD de Lyon la première classe pour chefs de chœur professionnels – , et ce pédagogue qui avait suivi les conseils d’Alfred Deller et de Cathy Berberian a su combien il importe de se lier aux compositeurs d’aujourd’hui pour assumer pleinement savocation : Kagel, Ohana, Dusapin, Evangelista, Hersant, Amy, Fénelon, Jolas, Boulez sont sur sa liste d’interlocuteurs privilégiés … A en rester sans voix Donc B.Tétu a bien raison de rappeler que les Voix du Prieuré, fondées il y a treize ans, sont « éveilleurs de curiosité. Car la voix humaine a des possibilités infinies, éclatées : rencontres inattendues et fécondes, improvisations, concerts en miroir (miroirs brisés parfois), réinvention des traditions, nouvelles utilisations de la voix… » Et de vocaliser un Catalogue réjouissant de 1003 modalités entrevues et souhaitées : » voix rocailleuses, séraphiques, voix de velours, cassées,humaines, célestes, d’outre-tombe, voix off, vociférations, hurlements, gueulantes, vagissements, cris de joie, d’effroi : c’est à rester sans voix, à chanter à tue-tête, rire à gorge déployée, avoir voix au chapitre, mais aussi murmures, chuchotements et soupirs de plaisir ! Venez écouter, et complétez la liste…si ça vous chante ! » Stabat Mater dans la déchirure et la noblesse Le plus « classique » des rendez-vous sera d’ouverture (22 mai), en l’église Saint-Laurent au Bourget. C’est B.Tétu qui conduira le déjà célèbre Stabat Mater, une partition dirigée à la création en 2003par M.Rostropovitch, du compositeur polonais (en 2016 invité du Prieuré) Piotr Moss. Né en 1949, élève de G.Bacewicz et K.¨Penderecki, ce « Polonais de Paris » (il vit en France depuis 1981) est lauréat de nombreux concours de composition, il a écrit pour l’orchestre symphonique et choral, ainsi que pour la musique de chambre, et son Stabat Mater « nous emmène dans le monde de la douleur, de la déchirure, de la dignité et de la noblesse ». En écho, hommage à la voix profonde du violoncelle : Henri Dutilleux (le concert est dédié à ce créateur qui nous a quitté…exactement trois ans avant le 22 mai 2016 : 3 Strophes sur le nom de Paul Sacher. Et aussi Arvo Pärt (Da Pacem Domine), John Tavener (Svyati), Villa-Lobos (Bacchanas Brasileiras). Et bien sûr au Père Absolu ; Johann Sebastian, avec des extraits des Suites pour violoncelle seul. La grande Ophélie Gaillard, joue Bach, et dirige sa communauté pédagogique violoncelliste de Haute Ecole genèvoise. A côté des Solistes-Bernard-Tétu, l’Ensemble 20.21 de Cyrille Colombier – rassemblement de chefs de chœur, membres de chorales et professeurs d’écoles de musique -, et le chœur de chambre Muances de Jean-Raphael Lavandier. Haute Tension et flirt Le moins « classique », trois jours après, promet une Haute Tension, et un flirt entre jazz, punk, pop, et…classique revisité. Ce sont six voix allemandes a cappella, les Slix’s, qui mènent à cette fusion stylistique, hautement approuvée par l’autorité de Gabriel Crouch, membre des britanniques et célèbres King’s Singers, et du fondateur des King’s, Ward Swingle. En jaillit « un son formidablement naturel et unifié » pour « une prise de risque permanente pour repousser les frontières artistiques, et une volonté totale d’innover ». Cette intertextualité historique et stylistique s’est notamment traduite par l’invention d’une bande-son pour un film allemand, devenue cd-culte, Quer Bach, et alliant la musique instrumentale du Pater, des extraits shakespeariens et des compositions originales Slix’s. Ici, le Kantor est « transporté slix’sement » pour une Offrande et des Variations Goldberg audacieuses. Pablo toujours C’est la frontière du jazz, de la musique contemporaine et des improvisations qu’explore le 3e concert (27 mai) de Pascal Berne et Alain Goudard. Pablodièse1 rend hommage à Picasso, « son art, sa poésie, son engagement politique, sa passion pour les femmes et son inouïe palette de sensibilités et d’expressions », en un spectacle qui se déclare à l’image de son modèle, « profondément humain ». On y retrouve un « cher et vieux » compagnon de route du Prieuré, Résonance Contemporaine et Percussions de Treffort, si généreusement animé par son fondateur (en 1979 !), qui a travaillé pour la rencontre naturelle des musiciens professionnels en situation de handicap mental et des « valides ». RC et Treffort ont travaillé avec les Percussions de Strasbourg, Barre Phillips, Luis Sclavis, Carlo Rizzo, Michèle Bernard ou Jacques Di Donato, pour mieux associer à l’art et la culture les « personnes handicapées, malades, incarcérées ou dans des situations sociales et matérielles difficiles ». Alain Goudard et Pascal Berne agissent ici en intervention auprès des chorales enfants et ados d’avant-pays savoyard (les Vocaloupiots, les Vocalados). La Forge (compositeurs rhône-alpins) délègue à son Quartet Novo instrumental « une musique en marche entre écriture fixée et improvisations. Hommage à Dutilleux Tout pourtant n’est pas rose au bord septentrional du Lac, en ce 2016 menacé par le désengagement de la puissance publique. Il a fallu en particulier écourter et modifier la Nuit du Prieuré qui tous les ans conclut le Festival : un Buffet du Terroir remplace le Buffet Italien, et surtout on annule le concert nocturne de Viva La Festa (Enza Pagliara, Undas Maris). La Marelle et ses Têtes de Chien y réveillent cependant « les mots du terroir et de la vieille chanson française », et un bal animé par les Quadrilles d’Elsa fait tournoyer qui vous voudrez… Exeunt aussi les Chants Polyphoniques Corses de A Filetta , et en ouverture, le spectacle jeune public du Thé des Poissons. Subsistent le Doudou vocal (Brin d’air) pour 1 à 3 ans, « voyage musical où glisseront les mélodies portées par le vent », les Apéros vocaux (chorales Ma non troppo, Les Mayanches, Terpsichore), le Cabaret Vocal Express de Mlle Arthur (Jocelyne Tournier, Marc Toillon), la Randonnée vocale en concert partagé (CRR de Lyon,Conservatoire d’Aix les Bains) et bien sûr les Rencontres et/ou Ateliers ( les Slix’s). La librairie chambéryenne Garin propose le 22 mai un hommage à Dutilleux, armaturé par le livre décisif (Actes-Sud : « la forme naturelle d’un roman où tout est vrai ») que vient de consacrer au Maître le critique (Le Monde) et musicologue Pierre Gervasoni. Les Voix du Prieuré, Eclats de Voix, du 20 mai au 5 juin 2016. Le Bourget du Lac, 74). Renseignements et réservations : T. 04 79 250199 ; www.voixduprieure.fr



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9 mai

BOURGET DU LAC, 74. Festival des Voix du Prieuré, 20 mai-5 juin 2016

BOURGET DU LAC, 74. Festival des Voix du Prieuré, 20 mai-5 juin 2016… « Donner de multiples rendez-vous à l’art vocal dans ce qu’il peut offrir de plus raffiné, de plus fort ». Le Festival qui se déroule dans des lieux patrimoniaux classés monuments historiques (Eglise, Prieuré, Cloître de Saint-Laurent) se veut, selon les mots de son directeur-fondateur, Bernard Tétu, « lieu de création et dialogues ». Autour d’un compositeur invité et de son œuvre Stabat Mater, Piotr Moss, du groupe hétérodoxe Les Slix’s, de la violoncelliste Ophélie Gaillard, une vaillante et enrichissante édition au cœur du printemps. Comment le préférez-vous ? Le Prieuré, vous le préférez en chiffres ? Alors : 2 concerts partagés, 3 ateliers par artistes professionnels, 4 concerts pour le jeune public, 6 concerts-phares de grands ensembles non moins professionnels, 350 enfants et jeunes du bassin chambéryen et aixois, 900 pièces gourmandes sucrées ou salées préparées pour Apéro Vocal, et 5000 spectateurs qui fréquentent le festival chaque année. Ou en phrases qui ne reposent pas seulement sur le plancher d’une langue de bois par ailleurs sympathico-culturelle, mais correspondent au questionnement toujours en éveil du directeur-fondateur, Bernard Tétu, ;l’un des chefs les plus cultivés de la galaxie française, et des plus ouverts – dans le domaine d’origine, ici vocal –à des courants fort divers, même si la prédilection, attestée par tant d’enregistrements magistraux (35 disques) demeure la musique française des XIXe et XXe, et la musique romantique allemande. Bernard Tétu est aussi un enseignant émérite,aussi exigeant que chaleureux – il a créé au CNSMD de Lyon la première classe pour chefs de chœur professionnels – , et ce pédagogue qui avait suivi les conseils d’Alfred Deller et de Cathy Berberian a su combien il importe de se lier aux compositeurs d’aujourd’hui pour assumer pleinement savocation : Kagel, Ohana, Dusapin, Evangelista, Hersant, Amy, Fénelon, Jolas, Boulez sont sur sa liste d’interlocuteurs privilégiés … A en rester sans voix Donc B.Tétu a bien raison de rappeler que les Voix du Prieuré, fondées il y a treize ans, sont « éveilleurs de curiosité. Car la voix humaine a des possibilités infinies, éclatées : rencontres inattendues et fécondes, improvisations, concerts en miroir (miroirs brisés parfois), réinvention des traditions, nouvelles utilisations de la voix… » Et de vocaliser un Catalogue réjouissant de 1003 modalités entrevues et souhaitées : » voix rocailleuses, séraphiques, voix de velours, cassées,humaines, célestes, d’outre-tombe, voix off, vociférations, hurlements, gueulantes, vagissements, cris de joie, d’effroi : c’est à rester sans voix, à chanter à tue-tête, rire à gorge déployée, avoir voix au chapitre, mais aussi murmures, chuchotements et soupirs de plaisir ! Venez écouter, et complétez la liste…si ça vous chante ! » Stabat Mater dans la déchirure et la noblesse Le plus « classique » des rendez-vous sera d’ouverture (22 mai), en l’église Saint-Laurent au Bourget. C’est B.Tétu qui conduira le déjà célèbre Stabat Mater, une partition dirigée à la création en 2003par M.Rostropovitch, du compositeur polonais (en 2016 invité du Prieuré) Piotr Moss. Né en 1949, élève de G.Bacewicz et K.¨Penderecki, ce « Polonais de Paris » (il vit en France depuis 1981) est lauréat de nombreux concours de composition, il a écrit pour l’orchestre symphonique et choral, ainsi que pour la musique de chambre, et son Stabat Mater « nous emmène dans le monde de la douleur, de la déchirure, de la dignité et de la noblesse ». En écho, hommage à la voix profonde du violoncelle : Henri Dutilleux (le concert est dédié à ce créateur qui nous a quitté…exactement trois ans avant le 22 mai 2016 : 3 Strophes sur le nom de Paul Sacher. Et aussi Arvo Pärt (Da Pacem Domine), John Tavener (Svyati), Villa-Lobos (Bacchanas Brasileiras). Et bien sûr au Père Absolu ; Johann Sebastian, avec des extraits des Suites pour violoncelle seul. La grande Ophélie Gaillard, joue Bach, et dirige sa communauté pédagogique violoncelliste de Haute Ecole genèvoise. A côté des Solistes-Bernard-Tétu, l’Ensemble 20.21 de Cyrille Colombier – rassemblement de chefs de chœur, membres de chorales et professeurs d’écoles de musique -, et le chœur de chambre Muances de Jean-Raphael Lavandier. Haute Tension et flirt Le moins « classique », trois jours après, promet une Haute Tension, et un flirt entre jazz, punk, pop, et…classique revisité. Ce sont six voix allemandes a cappella, les Slix’s, qui mènent à cette fusion stylistique, hautement approuvée par l’autorité de Gabriel Crouch, membre des britanniques et célèbres King’s Singers, et du fondateur des King’s, Ward Swingle. En jaillit « un son formidablement naturel et unifié » pour « une prise de risque permanente pour repousser les frontières artistiques, et une volonté totale d’innover ». Cette intertextualité historique et stylistique s’est notamment traduite par l’invention d’une bande-son pour un film allemand, devenue cd-culte, Quer Bach, et alliant la musique instrumentale du Pater, des extraits shakespeariens et des compositions originales Slix’s. Ici, le Kantor est « transporté slix’sement » pour une Offrande et des Variations Goldberg audacieuses. Pablo toujours C’est la frontière du jazz, de la musique contemporaine et des improvisations qu’explore le 3e concert (27 mai) de Pascal Berne et Alain Goudard. Pablodièse1 rend hommage à Picasso, « son art, sa poésie, son engagement politique, sa passion pour les femmes et son inouïe palette de sensibilités et d’expressions », en un spectacle qui se déclare à l’image de son modèle, « profondément humain ». On y retrouve un « cher et vieux » compagnon de route du Prieuré, Résonance Contemporaine et Percussions de Treffort, si généreusement animé par son fondateur (en 1979 !), qui a travaillé pour la rencontre naturelle des musiciens professionnels en situation de handicap mental et des « valides ». RC et Treffort ont travaillé avec les Percussions de Strasbourg, Barre Phillips, Luis Sclavis, Carlo Rizzo, Michèle Bernard ou Jacques Di Donato, pour mieux associer à l’art et la culture les « personnes handicapées, malades, incarcérées ou dans des situations sociales et matérielles difficiles ». Alain Goudard et Pascal Berne agissent ici en intervention auprès des chorales enfants et ados d’avant-pays savoyard (les Vocaloupiots, les Vocalados). La Forge (compositeurs rhône-alpins) délègue à son Quartet Novo instrumental « une musique en marche entre écriture fixée et improvisations. Hommage à Dutilleux Tout pourtant n’est pas rose au bord septentrional du Lac, en ce 2016 menacé par le désengagement de la puissance publique. Il a fallu en particulier écourter et modifier la Nuit du Prieuré qui tous les ans conclut le Festival : un Buffet du Terroir remplace le Buffet Italien, et surtout on annule le concert nocturne de Viva La Festa (Enza Pagliara, Undas Maris). La Marelle et ses Têtes de Chien y réveillent cependant « les mots du terroir et de la vieille chanson française », et un bal animé par les Quadrilles d’Elsa fait tournoyer qui vous voudrez… Exeunt aussi les Chants Polyphoniques Corses de A Filetta , et en ouverture, le spectacle jeune public du Thé des Poissons. Subsistent le Doudou vocal (Brin d’air) pour 1 à 3 ans, « voyage musical où glisseront les mélodies portées par le vent », les Apéros vocaux (chorales Ma non troppo, Les Mayanches, Terpsichore), le Cabaret Vocal Express de Mlle Arthur (Jocelyne Tournier, Marc Toillon), la Randonnée vocale en concert partagé (CRR de Lyon,Conservatoire d’Aix les Bains) et bien sûr les Rencontres et/ou Ateliers ( les Slix’s). La librairie chambéryenne Garin propose le 22 mai un hommage à Dutilleux, armaturé par le livre décisif (Actes-Sud : « la forme naturelle d’un roman où tout est vrai ») que vient de consacrer au Maître le critique (Le Monde) et musicologue Pierre Gervasoni. Les Voix du Prieuré, Eclats de Voix, du 20 mai au 5 juin 2016. Le Bourget du Lac, 74). Renseignements et réservations : T. 04 79 250199 ; www.voixduprieure.fr

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22 avril

Les amours de Valdemar 1er – Des Gurre-Lieder au Pierrot lunaire – Une ovation à la Philharmonie – Le chemin de croix de Prokofiev

Franz Mazura, récitant des « Gurre-Lieder ». Wagnérien réputé, il souffle ses 92 bougies aujourd’hui ! DR Les Gurre-Lieder, que l’Orchestre et le Chœur de l’Opéra de Paris viennent d’exécuter dans la grande salle de la Philharmonie, constituent un cas d’école. Illustrant musicalement les amours du roi de Danemark, Valdemar 1er, et de sa maîtresse Tove, l’assassinat de cette dernière plongée dans un bain trop chaud par l’épouse trahie, et transformée en colombe, cette symphonie dramatique est la pointe extrême d’une évolution, dont Wagner, Mahler et Richard Strauss sont les parrains directs. C’est au tournant du siècle qu’Arnold Schoenberg se lança à vingt-cinq ans dans cette folle aventure, laquelle, selon les termes de l’auteur, « fut ensuite interrompue assez longtemps par des orchestrations d’opérettes ». Il fallait bien vivre… Pendant le long sommeil des « Gurre-lieder », Schoenberg composa beaucoup… et s’adonna à la peinture : quatre-vingts tableaux dont quelques auto-portraits, pas très flatteurs… L’œuvre-culte Dix ans plus tard, lorsque Schoenberg reprendra sa partition, l’eau avait coulé, et en abondance, sous les ponts du Danube. Schoenberg venait hardiment d’indiquer, année après année, œuvre après œuvre (les deux premiers quatuors à cordes, la 1ère Symphonie de chambre, l’opéra Erwartung et autres petites Pièces pour piano de l’opus 19), les étapes d’une évolution qui le mènera à la mise en œuvre de sa méthode dodécaphonique ; sa musique avait subi une cure radicale d’amaigrissement, dont les différentes phases avaient régulièrement provoqué le scandale, déchaîné la fureur des commentateurs et abouti à ce Pierrot lunaire, œuvre-culte de la modernité musicale. Le 23 février 1913, lorsque le jeune compositeur Franz Schreker dirigera enfin dans la salle du Musikverein de Vienne, en sa qualité de chef du Chœur Philharmonique, la création des Gurre-Lieder, le Pierrot lunaire a déjà été porté sur la place publique, suscitant ricanements et quolibets. C’est dire que les Gurre-lieder renvoyaient à un monde disparu. Il n’est pas surprenant que l’accueil ait été enthousiaste, avec, au premier rang, les amis et les élèves du maître auquel on remit une couronne de lauriers. Heureux, notre cher Arnold, qui était, jusque-là, régulièrement sifflé ? Pas vraiment – « je me sentais plutôt indifférent, peut-être même un peu contrarié. » Il admettra néanmoins que l’œuvre est « la clé de (son) évolution. » Un monument Une simple clé, c’est peu dire pour un monument de cette ampleur. En effet, l’exécution, qui dure deux grandes heures, exige la présence de cinq voix solistes, d’un récitant, d’un chœur particulièrement fourni et d’une formation orchestrale très inhabituelle qui, entre autres, rassemble quatre harpes, quatre trombones ténor (et un trombone basse), une armée de flûtistes et de clarinettistes, six timbales (plus grosse caisse, glockenspiel, xylophone, jeu de chaînes, etc.), vingt premiers violons, vingt second violons, seize altos, seize violoncelles, douze contrebasses ; en tout, quelque cent cinquante instrumentistes. L’œuvre idéale, en somme, pour meubler le volume de la Philharmonie de Paris ; et le spectacle était assez saisissant lorsque Philippe Jordan prit la tête de ses troupes. Saisissant également le contraste avec cette même salle où j’ai assisté, il y a quelques jours, au récital d’Itzhak Perlman. Les salles de concert ont leur spécificité, au-delà de leur rentabilité. Sur le coup de vingt-trois heures, les mélomanes de la Philharmonie ont fait une longue et juste ovation à l’Orchestre de l’Opéra de Paris et à son chef, à son chœur (déjà magnifiquement schoenbergien depuis certain Moïse et Aron qui a ouvert la saison) renforcé par le Chœur Philharmonique de Prague, aux cinq chanteurs (le superbe Waldemaar d’Andreas Schager, Irène Theorin, Sarah Connolly, Andreas Conrad et Brigitte Fassbaender) ainsi qu’au doyen de l’entreprise, rôle parlé, mais quelle véhémence pour ce nonagénaire, ce vétéran de Bayreuth : Franz Mazura – notre Dr Schon dans la mémorable Lulu de Garnier en 1979. La tirelire Ecouter les Gurre-Lieder dans une exécution aussi luxueuse est un bonheur, spécialement en période de vaches maigres ; le retour sur l’une de nos scènes musicales de ce cycle titanesque n’est pas programmé et je conseille vivement aux amateurs de se consoler avec quelques enregistrements dirigés au choix par Claudio Abbado, Pierre Boulez, Eliahu Inbal, Zubin Mehta, Seiji Ozawa ou Giuseppe Sinopoli, que de grands chefs qui adorent les grandes œuvres. Pour l’occasion et pour l’amour de Schoenberg (toujours assez mal aimé, je dois dire), les compagnies de disques ont visiblement vidé leur tirelire. Petits théâtres pauvres s’abstenir…. Serge Prokofiev, aquarelle d’Oleg, l’un des deux fils du compositeur, décédé en août 1998 sur l’île de Guernesey Les 65 personnages … S’abstenir aussi face à l’opéra qui compte le plus grand nombre de rôles chantés – Guerre et paix de Serge Prokofiev, d’après Tolstoï : 65 personnages, mais quelques chanteurs zélés peuvent se charger le même soir de plusieurs d’entre eux. C’est au moment où l’Allemagne nazie envahit la Russie stalinienne que l’auteur de Pierre et le loup, de retour dans son pays natal depuis quelques années mais, à sa grande surprise, mal vu des autorités politiques, décida d’œuvrer sur un sujet hautement patriotique. Mal lui en prit : harcelé par les membres du Comité pour les affaires artistiques, il établit trois versions successives, plus ou moins longues, qui s’accompagnèrent de coupes, ajouts et remaniements divers. Rostropovitch, qui considérait Prokofiev comme son père spirituel, témoigne : « Durant les dernières années de sa vie, alors que sa santé se dégradait d’une manière inexorable, Serge Prokofiev était poursuivi par une obsession légitime : espérer que Guerre et Paix, son plus haut chef-d’œuvre, triomphe un jour dans sa version définitive, fruit de tant de labeur. » Ce n’était qu’un rêve… Trente ans plus tard, alors que j’achevais avec Slava un livre d’entretiens (dans sa chambre de l’hôtel Watergate de Washington !), il me dit : « Je veux diriger un jour la version originale complète (complète !!!) de Guerre et Paix. Ici, pas d’argent pour le faire. Peux-tu essayer de monter un projet en France ? » Un devoir de mémoire ! Il s’agissait naturellement d’une version de concert, mais qui nécessitait tout de même un bataillon impressionnant d’intervenants dont un grand chœur et un orchestre très fourni. Grâce aux forces vives de Radio France, grâce à l’intervention de Daniel Toscan du Plantier (alors PDG des disques Erato), son goût des grandeurs, son réseau de relations et sa persuasion, le projet put aboutir (Salle Pleyel, faute d’une Philharmonie pas encore imaginée) et, mieux encore, s’intégrer dans un très vaste cycle Prokofiev étendu sur deux mois qui reste l’un de mes grands souvenirs d’organisateur… Plus tard, l’Opéra de Paris (sur le vaste plateau de Bastille, bien entendu) présentera une production de cet opéra où l’on voit Napoléon, pas vraiment à son avantage. Version légèrement raccourcie…. Ne manquez pas une production russe de l’opéra de Prokofiev que diffusera la chaîne Mezzo le mercredi 27 avril. Version vraiment intégrale ? J’en doute, mais sait-on jamais ? Retrouvez la chronique de Claude Samuel dans le magazine Diapason d’avril 2016 : « Ce jour-là, 22 mai 1872 : Pose de la première pierre à Bayreuth »

Mstislav Rostropovitch
(1927 – 2007)

Mstislav Rostropovitch (27 mars 1927 - 27 avril 2007) est probablement le violoncelliste le plus réputé du XXe siècle. Véritable virtuose qui a marqué le paysage international de la seconde moitié du XXe siècle, il a suscité un nombre considérable d'œuvres (plusieurs centaines) et a poursuivi sa vie durant l'objectif avoué d'offrir à son instrument un répertoire dont il jugeait qu'il était jusqu'alors insuffisant (en comparaison de celui du violon par exemple).



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